01.09.2008

Leçon de choses et autres...

Septembre 1978.Ecole Marie Curie…

J’ai bientôt 6 ans. Mon premier « vrai » livre d’école :

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Merveilleux… (cachés au fond des poches, les marrons d’Inde à la peau lisse et cuivrée…)

Leçon de lecture…

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je sais déjà lire, sauf la lettre H que je ne sais ni lire, ni employer… (allez savoir pourquoi).
Je rêve donc de longues heures devant les planches Lagarde-Michard…

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Il faut apprendre à compter, aussi… (l’ardoise que l’on lève bien haut pour le calcul mental…)

Plus tard j’apprendrai (ou pas) les fleuves de France et la règle de trois, les premières amours et la guerre de Troie, Victor Hugo et le Moyen-Age*, le solfège et l’arithmétique sans grande conviction…


Septembre 2008:
Nous saurons après-demain si Barbalala entre à l'école...






* Je tiens à remercier tout particulièrement Mr Segondy, magique historien, qui fut mon professeur en 1984...

26.08.2008

Panic Room (histoire vraie rapportée)

C'était du temps où j'étais copain comme cochon avec F., et j'habitais, à l'insu du plein gré de ses parents, depuis quelques jours déjà dans leur jolie villa... (à leur insu car ils ne voulaient plus me voir, du fait que nous avions "emprunté" leur bagnole toute neuve et que nous l'avions "légèrement" [fracassée] égratignée...)

Lorsque ceux-ci se risquaient à entrer dans la chambre de F., nous entendions les pas dans l'escalier, et je disposais alors de quelques secondes pour m'escamoter prestement sur la mezzanine...

Jusqu'au jour où je n'ai pas eu le temps de grimper tout en haut...

De l'échelle de la mezzanine, je me suis laissé tomber derrière le canapé...à la milliseconde où j'ai vu la poignée de la porte frémir, j'ai su que j'étais mort.

Alors je me suis tout bonnement jeté par la fenêtre...

Cramponné à la corniche, je tentais de faire quelque chose de mes pieds qui pendouillaient à trois mètres au dessus du garage, et j'entendais la voix du père :

- Fils, tu me caches quelque chose ou quelqu'un...
- [...]

Et le père de commencer à tourner dans la piaule... il se penche derrière le canapé...

F. qui croyait que j'y étais toujours n'était plus que l'ombre de lui-même. Pétrifié comme les mecs à Pompéi...
[Ben, merde, il n'y est plus... ?]

Le père continue son inspection, de son pas lent et pesant...
- Fils, tu ferais mieux de me dire où il est...
[...]

Et chaque fois que le père ouvrait un placard ou se penchait sous le lit, F. livide clignait bêtement des yeux, s'attendant à chaque seconde à prendre une torgnole-maison (précision anatomique, son père avait des mains comme des battoirs à linge...)

[Rester stoïque - Croire que c'est un cauchemar et qu'on va se réveiller en sursaut - Croire que c'est un film et que quelqu'un va dire "coupez !" - Mais il est où, bordel ?-]

Le père cherche, cherche encore en gromellant, passe et repasse, ne trouve rien...
Le fils est au bord du Styx à chaque pas...

Le père repartira bredouille...nous laissant tous deux au bord de la crise cardiaque...

25.08.2008

Celle qui aimait prendre le TGV

La Femme coupée en deux adore voyager, surtout en train, c’est un fait.
Partir au hasard et ne vraiment arriver jamais nulle part...
Lorsqu’elle était jeune (nous parlons d’un temps que les moins de 20 ans et caetera, tu connais le truc…) lorsqu’elle était jeune, donc, elle parcourut des lieues et des lieues, parfois dans de braves téheuères à diesel, parfois en grugeant des places en première… (un petit malin qu’elle connaissait se « déguisait en valise », se rencougnant dans le casier à bagages lorsque les contrôleurs arrivaient).

Une autre fois, avec deux fils de Mandrin, elle fut obligée de passer la journée à Brême, les facétieux contrôleurs les ayant fort courtoisement obligés à descendre là… Imaginez-vous une gare grande comme votre salon avec UN guichet et un mec qui dort derrière. Au tableau d’affichage, DEUX trains : un le matin, l’autre juste avant vêpres…et rien alentour à moins de 15 kilomètres…

Depuis, la Femme coupée en deux a découvert le téhoze, un grand congélateur au design ma foi fort chatoyant.
Mais ce qu’elle préfère, c’est quand même le tégévé, parce qu’il y a de petites banquettes dans des couloirs très étroits, où l’on peut tout à loisir :

a) s’asseoir à côté de jeunes et gentils garçons,
b) tenter de comprendre un roman policier aux ficelles pourtant grosses comme des poils de pachyderme, parce que
c) en même temps on regarde dans le reflet de la vitre de côté un spécimen rare.

Des mecs comme on n’en fait plus. Ou comme on devrait en faire tout le temps (et partout…) de la pointe du cheveu impeccab’ aux chaussures seyantes… les manches de chemise qui tombent pile poil sur des avant-bras magnifiques (la Femme coupée en deux n’admire jamais les biceps, mais elle flashe sur les avant-bras, ouais…)
Et le reste à l’avenant. Une statue, un Raphaël, un Michel-Ange…avec des yeux de polonais…

Il faisait rudement chaud dans le couloir du tégévé n° 6211, ce soir, non ?…

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(qui serait assez "calé" pour me faire un bandeau avec l'image ci-dessus ?)

20.08.2008

Elixirs...

L’été, il parait, se termine bientôt…afin de mettre de la douceur dans l’air lorsque la saison des pluies va commencer, la Femme coupée en deux vous propose quelques recettes de boissons du Moyen-Age, à préparer sans cérémonie et à déguster entre gens de bonne compagnie :

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Vin de fraises :


Ingrédients :
- 1 litre d'eau
- 1 kg de fraises des champs très parfumées, bien mûres, essuyées et équeutées
- quelques feuilles de menthe fraîche
- 300 gr de miel
- 1/4 de litre de vin blanc doux légèrement sucré

Préparation :
1. Dans une casserole, mettez l'eau et le miel, menez à ébullition pendant cinq minutes.
2. Retirez du feu, incorporez les fraises, couvrez et laissez infuser pendant deux heures.
3. Passez ce mélange au chinois sans trop l'écraser, ajoutez le vin et mettez en bouteille.
4. Laissez au moins 4 heures au réfrigérateur.
Servez frais en jetant quelques feuilles de menthe fraîche dans les verres.

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Hydromel :

Ingrédients :
- 500g de miel d'abeille
- 1.5 litre d'eau
- 1 g de cardamone
- 2 g de cannelle
- 2 g de levure de bière

Préparation :
1. Faire bouillir votre mélange jusqu'à réduction d'un tiers.
2. Verser alors dans un tonneau de bois, ouvert.
3. Exposez dans un lieu chaud et recroisser (brasser ?) à mesure que le liquide diminue.
4. Au bout de deux lunes on ferme le baril et on laisse en repos durant cinq à six lunes.
Pour corser la saveur, on met dans le tonneau un nouet de cannelle, gingembre, girofle.


Hypocras :

Ingrédients :
- 1 litre de vin rouge
- 350 gr de miel
- 1 bâton de cannelle
- 3 tranches de gingembre frais
- 12 clous de girofle
- 2 feuilles de macis (il s’agit en fait de l’enveloppe de la noix de muscade)
- 1 pomme reinette coupée en tranches
- 12 amandes douces non pelées
- Noix de muscade

Préparation :
1. Broyez ensemble la cannelle, le gingembre, les clous de girofle, le macis et la noix de muscade.
2. Pendant ce temps faites chauffer dans une casserole le vin avec le miel. Ajoutez doucement la poudre d'épices et mélangez.
3. Quand l'ensemble est bien mêlé, sortez la casserole du feu.
4. Concassez, sans les peler, les amandes douces et passez le vin dans une chausse en tissu où vous aurez déposé les amandes et la pomme reinette coupée.
L'hypocras devient alors clair et rouge. Mettez en bouteille et conservez en cave à l'abri de la lumière.


Le Sang-Dragon :
Pendant une lune, faire macérer:
- 1 litre d'alcool à 45°
- 40 g de feuilles fraîches d'herbe du dragon (estragon)
- 1 gousse de vanille fendue
- 20 g de gingembre en poudre
- 300 g de sucre.
Remuer tous les jours, filtrer puis mettre en flacon.

19.08.2008

Les lois de l'informatique sont impénétrables...

Pourquoi ne peut-on pas commenter la précédente note ?

C'est peut-être parce que la Femme coupée en deux a écrit des gros mots comme Tw*ngo ou Paris H*lton...

Alors elle vous offre un billet tout neuf, tout droit sorti de la rotative, pour voir...

Celle qui risquait l'interdiction de casino...

Interieur jour, un vendredi à la caisse du sioupermarket du coin. Je suis en train d'étaler soigneusement mes emplettes sur le tapis, pendant que Barbalala joue avec les voiturettes spécialement conçues pour que tu puisses soi-disant faire tes courses pépère (un caddie format A4 surmontant une Tw*ngo bleue et jaune de 3 mètres de long qui ne vire pas à plat...)
Je la surveille du coin de l'oeil...
Une mamie arrive alors avec un petit sac à main écossais au bout d'une laisse, et attache la bestiole juste à côté de Barbalala.
Je crains les chiens, petits ou gros, par expérience*...et Barbalala ayant l’impétuosité de la jeunesse, je crains qu’elle ne fasse un geste qui effraie le machin à carreaux…et qu’il se rebiffe…

Je désigne la chose poliment à la caissière, étant donné qu'il y a de quoi attacher les chiens à l'extérieur du magasin...
- Mais vous avez vu la taille du chien ? me dit-elle
- Vous avez vu la taille de ma fille ?
Celle-ci lève les yeux au ciel, soupire, décroche son interphone :
[voix obséquieuse / on] : « C’est Caro, de la quatreu… Y’a la mamie, là, tu sais, avec le même chien que Parisse "il tonne", elle l’a mis comme d’habitude et il sembleraaaaaiiiit que cela pose proooooblème à une cliaante… »
- ce n’est pas qu’une question de taille, je supposais que les règles d’hygiène et de sécurité étaient les mêmes pour tout le monde…c’est tout.
Je crois que ça l’a rendue hystérique intérieurement. Elle me roulait des yeux féroces…Plus ronds, plus noirs, que les yeux globuleux du clebs…




* Je salue au passage Raffy, 20 cm au garrot, le plus gniaqueur de l’Ouest des Aiguerelles, qui défonça sans mobile apparent, le blouson d’un gros black barraqué à 7 heures du matin…

14.08.2008

"La nuit de Décembre"

Ce soir, la Femme coupée en deux vous offre, amis lecteurs, quelques strophes du sublime poème d'Alfred de Musset...que j'ai découvert ce soir dans ma salle de bains (le poème, pas Alfred...)

LE POÈTE :

Du temps que j'étais écolier,
Je restais un soir à veiller
Dans notre salle solitaire.
Devant ma table vint s'asseoir
Un pauvre enfant vêtu de noir,
Qui me ressemblait comme un frère.

Son visage était triste et beau :
A la lueur de mon flambeau,
Dans mon livre ouvert il vint lire.
Il pencha son front sur sa main,
Et resta jusqu'au lendemain,
Pensif, avec un doux sourire.

Je m'en suis si bien souvenu,
Que je l'ai toujours reconnu
A tous les instants de ma vie.
C'est une étrange vision,
Et cependant, ange ou démon,
J'ai vu partout cette ombre amie.

Partout où, sans cesse altéré
De la soif d'un monde ignoré,
J'ai suivi l'ombre de mes songes ;
Partout où, sans avoir vécu,
J'ai revu ce que j'avais vu,
La face humaine et ses mensonges ;

Qui donc es-tu, spectre de ma jeunesse,
Pèlerin que rien n'a lassé ?
Dis-moi pourquoi je te trouve sans cesse
Assis dans l'ombre où j'ai passé.
Qui donc es-tu, visiteur solitaire,
Hôte assidu de mes douleurs ?
Qu'as-tu donc fait pour me suivre sur terre ?
Qui donc es-tu, qui donc es-tu, mon frère,
Qui n'apparais qu'au jour des pleurs ?


LA VISION :
- Ami, notre père est le tien.
Je ne suis ni l'ange gardien,
Ni le mauvais destin des hommes.
Ceux que j'aime, je ne sais pas
De quel côté s'en vont leurs pas
Sur ce peu de fange où nous sommes.

Je ne suis ni dieu ni démon,
Et tu m'as nommé par mon nom
Quand tu m'as appelé ton frère ;
Où tu vas, j'y serai toujours,
Jusques au dernier de tes jours,
Où j'irai m'asseoir sur ta pierre

Le ciel m'a confié ton coeur.
Quand tu seras dans la douleur,
Viens à moi sans inquiétude.
Je te suivrai sur le chemin ;
Mais je ne puis toucher ta main,
Ami, je suis la Solitude.

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Celle qui fréquentait beaucoup le Roy Merlin...

La Femme coupée en deux, lorsqu'elle vint s'installer dans son sublissime 3 pièces, eut l'immense privilège de voir les murs de son appartement entièrement refaits, tout blancs. A l'origine, la chambre de Barbalala était d'un rose saumon plutôt suspect (le rose, pas le saumon...), les plinthes et le tour de porte du salon d'un ravissant orange corail (défiant avec brio les lois de la colorimétrie), et les carreaux de la salle de bains jointés en jaune poussin écrasé, au pinceau (cela déborde sur la céramique, et ça ne jure pas du tout avec le sol bleu ciel, un ravissement...)
Heureusement, la société gestionnaire des lieux, dans sa grande bonté, lui refit tous les murs en « projeté » blanc.
Ça tombait plutôt bien, la Femme coupée en deux adore le blanc, l’uni, l’épuré…(non, pas « les purées »)

Oui mais voilà. Au bout de 3 ans de bons et loyaux services, le couloir ressemble aujourd’hui davantage à une annexe de dépôt-vente qu’à un hall spacieux et accueillant…poussette, tricycle, petit camion, chaussures et autres patins à roulettes se disputent le peu d’espace restant.

La Femme coupée en deux décida un beau matin de mettre un peu d’ordre et de « fraîcheur » dans tout ce gourbi.
C’est ainsi qu’elle a repeint en bleu azuréen la moitié basse du mur, exécuté avec finesse une frise au motif un peu « grec » au pochoir (bleu outremer) entre les deux moitiés…récupéré de sa voisine qui déménage une étagère sur mesure, usé de la scie circulaire et de la ponceuse de Monsieur pour se faire un banc également sur mesure…(il va sans dire que les plinthes et le tour de porte avaient déjà été amoureusement repeints en bleu depuis longtemps)

Elle s’est familiarisée avec des termes très techniques (on l’a envoyée acheter des « tire-fonds » chez le Roy Merlin, elle a bien fait rire le monsieur du rayon quincaillerie…)

Si la Femme coupée en deux a une drôle de tête fatiguée, c’est que le jour elle ponce, perce, trimballe, et la nuit, elle peint, retouche, dessine sur du papier millimétré et découpe du rhodoïd, démonte et remonte les interrupteurs. (Saluons au passage son courage sans pareil, elle a une peur bleue de l’électricité…)

Mais lorsque ce sera fini, ce sera beau comme tout, c’est sûr…

L’an prochain, la Femme coupée en deux vous dira comment péter la faïence de la salle de bains. Objectif : une belle bassroume blanche avec des touches de rouge un peu partout…

11.08.2008

Quelques-unes sur la (merveilleuse) vie de couple...

Le médecin examine une vieille femme qui agonise. Il se tourne vers le papy :
- Ça fait longtemps qu'elle râle comme ça ?
- Euhhhh, oui depuis qu'on est mariés…

Martine dit à son mari au petit déjeuner :
-C'est incroyable ! Tu racontes de drôles de choses en dormant... Par exemple cette nuit tu m'as dit que j'étais laide comme un pou.
-Qui t'a dit que je dormais ?!

Elle :
- Ça fait 20 ans que l'on est marié et tu ne m'as jamais rien acheté.
Lui :
- Je ne savais pas que tu avais quelque chose à vendre...

Une femme d'un certain âge se présente chez un sexologue dans le but d'animer un peu sa morne vie sexuelle.
Le sexologue la conseille :
- Vous pourriez essayer le Viagra ! Vous pouvez en mettre subtilement dans son café par exemple, il ne s'en rendra même pas compte, et vous verrez le résultat instantanément !
- Je veux bien essayer.
La dame revient une semaine plus tard.
- Alors, est-ce que mon conseil a fonctionné ?
- Oh docteur, ce fut terrible ...
- Pourquoi, que s'est-il passé ?
- J'ai fait comme vous m'avez dit. J'en ai mis dans son café, et cela a eu un effet instantané. Il a bondi de sa chaise, du revers de son bras il a balayé tout ce qu'il y avait sur la table, il m'a attirée vers lui en arrachant mes vêtements, et il m'a fait l'amour comme jamais il ne l'avait fait ! C'était terrible !
- Pourquoi dites-vous que c'était terrible ?
- Parce que, ce fut tellement intense que j'ai eu le plus gros org*sm* depuis au moins 20 ans!
- Bah et alors, c'est formidable, non ?
- C'était terrible, je vous dis, si vous aviez vu le monde qu'il y avait dans le restaurant !

Un couple se balade en voiture à la campagne. Suite à une dispute, ils ne se parlent pas.
Passant devant une ferme où on voit des ânes et des cochons, le mari brise le silence et dit :
- Tiens, de la famille à toi ?
Son épouse répond du tac au tac:
- Oui..... Enfin, par alliance !

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09.08.2008

Les lignes divergentes (titre provisoire)

Je t'ai croisé tout à l'heure. C'est drôle, il y a quelque temps je pensais justement à toi. J'en ai même fait une courte note (laquelle ? cherche bien...)

J'étais en train d'acheter du moloko "solidaire", manoeuvrant en zig-zag dans la jungle métallique des caddies, lorsque je t'ai vu à l'autre bout du rayon.
On se sent bête dans ce genre de situation, non ?

Tu t'es empâté. C'est l'idée qui m'est venue immédiatement à l'esprit.
Tu es devenu gris, anonyme. Le "Petit Prince" a disparu. J'aimais bien pourtant ce sourire conquérant (et les choses torrides qu'on faisait en hiver...)

Comme je n'avais rien à te dire, et réciproquement, je suis partie en direction des caisses. J'en ai choisi une au hasard, avec une caissière qui me plaisait bien...
Précisément celle à côté de laquelle t'attendait une fille quelconque aux cheveux chatains.
Trop tard pour repartir, j'avais déjà vidé la moitié de mes courses sur le tapis.

C'est con de se retrouver ainsi dos à dos... Surtout que si tu ne m'avais pas vue dans le rayon, tu ne pouvais plus me rater, avec Barbalala qui faisait des acrobaties dans le caddie...

Je t'ai regardé partir jusqu'à ce que tu ne sois plus qu'un point dans l'espace, une ombre, un mirage vieux de treize ans déjà...

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