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30.06.2008
Incertitudes...
On lui a demandé d’attendre là et d’être sage. Elle a tout juste osé s’asseoir sur une petite banquette, les mains posées sur les genoux. Elle entend le rire de sa mère, « comme un collier de perles qui se brise », s’éloigner… Le maître des lieux lui fait visiter la maison…
Maintenant qu’elle est seule, elle observe avec attention la grande pièce, la gigantesque rosace au plafond, les murs ornés de roses pâles comme prêtes à s’éteindre, les bonbonnières de porcelaine laiteuse, le miroir doré, imposant comme un ancêtre, au dessus de la grande cheminée…
Elle n’ose pas se lever, ayant remarqué tout à l’heure que les lames du parquet miaulaient très légèrement sous ses pas. Très légèrement, mais suffisamment pour attirer l’attention, au milieu de ce grand silence.
Le temps semble suspendu. Seul le tilleul qu’on devine derrière la large fenêtre, respire et distille ses odeurs de miel, « un parfum de choses oubliées », selon sa définition enfantine…
Le lendemain, à l’heure de la récré, la Mathilde est venue lui parler. Elle ne l’aime pas vraiment, avec ses petits airs supérieurs, elle jalouse même un peu ses nattes dorées toujours parfaitement nouées, mais le monde des petites filles possède lui aussi ses castes, et le privilège éphémère d’être vue en train de « causer » à Mathilde l’emporte cette fois…
La Mathilde lui raconte d’une voix – obséquieuse déjà - l’après-midi passé chez sa grand-mère, « la châtelaine » qui la gâte de bonbons pendant que sa maman ne tarit pas d’éloge sur ses bons résultats…
Cette fois, c’est sûr, la Mathilde va être impressionnée. Parce qu’elle aussi, elle a passé le dimanche après-midi dans une « maison de maître », (c’est comme ça que sa mère a dit…), décrivant avec force détails le luxe des lieux :
- …. Avec un miroir grand comme ça… sur la cheminée…
- C’est même pas vrai…
- Si, si, c’est vrai, un palais, je te dis… par terre, c’est du vrai parquet en bois ciré…
- Menteuse, dit la Mathilde, en se détournant avec une moue dédaigneuse.
- Et même, dit-elle à court d’argument, qu’il y avait dans le vestibule, une statue géante…très belle… Elle tenait une balance et une épée dans ses mains…(elle tente de poser comme l'allégorie de la Justice).
La Mathilde soudain, se retourne, les joues empourprées de colère :
- Menteuse ! Tu n’as pas pu aller chez moi, puisque ma mère, elle ne connaît pas la tienne…
22:55 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note



Commentaires
Et c'était chez elle...
Ecrit par : heure-bleue | 01.07.2008
La cruauté des enfants!!!
Ecrit par : mab | 03.07.2008
La cruauté des enfants!!!
Ecrit par : mab | 03.07.2008
heure-bleue >> eh oui, en l'absence de Madame et de sa fille...
mab >> la cruauté des enfants n'est rien à côté de celle des grands, parfois...
Ecrit par : La femme coupée en deux | 03.07.2008
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